Le géant de l’aéronautique français Safran reste bénéficiaire malgré les turbulences

Grâce à réduction drastique de ses coûts, l'équipementier français est parvenu à dégager un bénéfice pour l'année 2020 malgré la crise du secteur aéronautique.

Des avions qui ne volent plus, des frontières fermées, des commandes au point mort, le secteur aérien traverse la pire crise de son histoire. Au beau milieu de cette tempête, l’entreprise française Safran, qui fournit des moteurs à Airbus et Boeing, parvient à rester au dessus des nuages. L’équipementier reste bénéficiaire en 2020, grâce à de sévères mesures d’austérité.

Alors que les deux principaux avionneurs mondiaux, Airbus et Boeing, ont tous deux plongé dans le rouge, l’équipementier et motoriste français Safran publie ce jeudi 25 février un bénéfice net de 352 millions d’euros. Des résultats “aussi bons que possible” étant donnée la situation, a résumé son directeur général Olivier Andriès.  L’entreprise a dû faire face à “un effondrement du trafic aérien dû aux confinements et aux restrictions de voyages imposés dans toutes les régions du monde”, déplore le groupe, qui s’attend à une reprise progressive de son activité en 2021.

Avec la crise sanitaire, toutes les chaînes de valeurs du secteur aérien ont été touchées. Comme les avions volent moins, les compagnies ont moins besoin de pièces de rechange et de services : des activités rémunératrices pour Safran. Airbus a notamment réduit de 40% ses cadences de production, entraînant une chute des commandes d’équipement. Par effet domino, en 2020, l’activité de services pour moteurs civils a reculé de 43,2% depuis le début de la crise. De son coté, Safran a livré deux fois moins de moteurs qu’en 2019.

Un bénéfice et des dividendes assurés par la suppressions d’effectifs

Sans surprise, Safran a subi en 2020 une forte baisse de son activité. Son chiffre d’affaires a ainsi baissé de 33% en une année. Mais l’entreprise française affiche pourtant des résultats insolants, comparé à l’état de santé du secteur. Seuls les “marchés de défense et des hélicoptères sont peu ou pas impactés”, a détaillé M. Andriès lors d’une conférence téléphonique donné à l’AFP. De quoi trembler. Malgré la crise, le groupe a toutefois dégagé en 2020 un résultat opérationnel courant de 1,69 milliard d’euros (résultat avant intérêts, impôts et amortissements), en baisse de 55,9% par rapport à l’année 2019 et compte verser un dividende en 2021.

Pour parvenir à de tels résultats, Safran a drastiquement réduit ses coûts. Quatre sites de production ont été fermés. Les dépenses de sous-traitance et les investissement ont été sabrés. Les dépenses de recherche et développement ont été réduites de 35%. Les effectifs totaux ont fondu de 17% pour atteindre 79 000 salariés. La France, avec 44 000 employés, a été épargnée à la faveur d’un plan d’adaptation d’activité comprenant notamment un dispositif d’activité partielle de longue durée (APLD). Le taux d’inactivité moyen en France a été de 23% d’avril à décembre.

Pour Olivier Andriès, “le point clé sera la saison estivale”, haute saison pour le transport aérien. Il espère que la crise sanitaire sera sur le déclin à ce moment-là. En attendant, le groupe poursuit cette politique de réduction de main d’œuvre : “depuis le 31 décembre, nous avons réduit nos effectifs de 1 500 personnes supplémentaires”, explique M. Andriès. Deux sites ont également été fermés aux Etats-Unis, explique le directeur général de Safran. La firme de pointe affiche de bon résultats, sans que ce ne soit une bonne nouvelle pour autant.

Antoine Beau, avec AFP