Mesures anti-Covid : ce qu’il faut retenir des annonces de Jean Castex

Face à la hausse des nouveaux cas de Covid-19, le gouvernement a placé en surveillance renforcée 20 départements, et compte sur les vaccins et de pour éviter de reconfiner.

Pas de relâchement, mais pas de confinement. Le Premier ministre Jean Castex a fait état ce jeudi en conférence de presse d’une situation sanitaire dégradée en France. 30 000 nouveaux cas de Covid-19 ont été recensés mercredi, et le taux d’incidence d’incidence est élevé, autour de 250 cas pour 100 000 habitants, faisant craindre une nouvelle vague. Le gouvernement table sur des mesures territorialisées et une vaccination accélérée, “pour retarder le plus possible” le recours à un éventuel reconfinement national.

  • 20 départements sous haute surveillance

Jean Castex a décrété le placement en “surveillance renforcée” de 20 départements. Ils recouvrent toute l’Ile-de-France, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, l’Oise, le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, la Drôme, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle ou l’Eure-et-Loir.

Le chef du gouvernement a donc demandé aux préfets des départements concernés d’“engager des concertations avec les élus” pour “envisager, dans tout ou partie de ces territoires, des mesures de freinage proches de celles mises en place à Nice et Dunkerque”. Ces deux agglomérations sont désormais reconfinés le week-end pour contrer la flambée de Covid-19.

Un point sera fait “la semaine prochaine”, et “si la situation continue de se dégrader, nous prendrons des mesures renforcées qui entreront en vigueur à compter du week-end du 6 mars”, a‑t-il ajouté.

  • Les variants deviennent majoritaires

Le variant anglais du coronavirus, plus contagieux, “concerne désormais à peu près la moitié des personnes atteintes de la Covid en France”, a précisé le Premier ministre. Ce variant représentait moins de 40% selon des chiffres diffusés il y a une semaine.

“Nous savons depuis la fin janvier qu’il se diffuse à bas bruit et qu’il est susceptible de produire, à un moment donné, une nouvelle flambée épidémique parce qu’il est plus contagieux”, a déclaré le chef du gouvernement.

Ce variant anglais est déjà très prépondérant à Dunkerque, où les contaminations ont explosé depuis deux semaines et ont conduit les autorités à imposer un confinement le week-end. Cette forme est également plus présente en Ile-de-France, où le taux d’incidence progresse chaque jour et a encore bondi de 280 à 301 cas pour 100 000 habitants sur sept jours entre dimanche et lundi, selon les derniers chiffres diffusés jeudi par l’Agence régionale de santé.

  • La campagne vaccinale s’accélère

La vaccination pour les plus de 65 ans sera ouverte à partir de début avril, a annoncé Jean Castex, conformément à la stratégie d’ouvrir petit à petit la vaccination.

“A la mi-mai, la totalité des personnes de plus de 50 ans se seront vu proposer une première injection” contre le Covid-19, a également indiqué le Premier ministre Jean Castex en soulignant que 80% des résidents d’Ehpad “étaient désormais vaccinés”.

Deux mois après le début de la campagne de vaccination, “plus du quart des personnes de plus de 75 ans a été vacciné”, a rapporté le chef du gouvernement, pour qui les chiffres démontrent que “les effets de la campagne de vaccination commencent à se faire sentir sur nos concitoyens les plus âgés”. “D’ici fin mars, les deux tiers des personnes de plus de 75 ans seront vaccinées”, a fixé le Premier ministre.

  • 35 000 Français ont déjà bénéficié du vaccin AstraZeneca

“Aujourd’hui, 35 000 Français ont été vaccinés par du vaccin AstraZeneca”, a précisé le ministre de la Santé Olivier Véran. Depuis ce jeudi, les médecins généralistes peuvent vacciner les personnes de 50 à 64 présentant des comorbidités. “C’est entre 3 et 4 fois plus que le rythme habituel de vaccination du fait de l’ouverture pour ce public”, s’est félicité Olivier Véran.

Alain Fisher, le président du Conseil vaccinal a précisé que ce vaccin est très efficace, malgré la mauvaise réputation dont il souffre en France. Selon une étude écossaise basée sur les hospitalisations, ce vaccin resterait efficace à plus de 90%, même chez les plus de 65 ans. Alain Fisher a également rappelé que les maux de tête et la fièvre ressentis après l’injection de cette molécule étaient normaux, car dû à la réaction immunitaire provoquée par le vaccin. C’est précisément parce qu’il stimule nos défenses immunitaires qu’il se peut qu’on se sente patraque un ou deux jours. Le professeur recommande de prendre du paracétamol en prévention d’une éventuelle vaccination.

  • Le gouvernement suit de près plusieurs pistes de traitements

“La France, est le premier pays européen a avoir commandé des dizaines de milliers de doses d’anticorps monoclonaux”, selon le ministre de la santé. Ces médicaments pourraient réduire l’apparition de formes graves du Covid-19. Ils sont temporairement autorisés par l’Agence européenne du médicament, a annoncé Olivier Véran, qui a également évoqué l’utilisation d’interférons. Ces traitements ne sont pas à destination du grand public pour le moment, mais pourraient être utiles, dans un cadre hospitalier.

“Cette épidémie, nous en verrons le bout”, a martelé Jean Castex, pour conclure la conférence de presse. Ces mesures ont pour but de retarder la progression des variants. Plus le temps passe, moins les températures seront favorables à la transmission du virus, et les effets de la vaccination commenceront à se faire sentir. Le gouvernement espère donc une accalmie pour le début de l’été.