Nucléaire : les plus vieux réacteurs pourront fonctionner dix ans de plus

La centrale de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher). Crédits : Remi Jouan - Creative Commons

 

L'Autorité de Sûreté Nucléaire a annoncé ce jeudi 25 février que les plus vieux réacteurs pourront fonctionner dix années supplémentaires, après des travaux pour assurer leur sécurité.

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a ouvert la voie ce jeudi à l’allongement de la durée de vie de 32 réacteurs du parc nucléaire français. Initialement fixée à 40 ans, la durée de vie des réacteurs pourrait être allongée jusqu’à 50 ans, moyennant une batterie d’examens et de travaux de sûreté.

Dans un entretien accordé à Ouest-France, le président de l’ASN Bernard Doroszczuk indique que les inspections comporteront “un examen de conformité approfondi, avec une vérification plus poussée cette fois des installations dont le vieillissement pourrait générer des risques”.

Le fabricant d’électricité EDF s’est engagé à faire des travaux estimés à 49,4 milliards d’euros sur la période 2014–2025 afin de “porter la sûreté des réacteurs actuellement en exploitation à un niveau proche de celui des réacteurs de troisième génération type EPR”.

À leur mise en route, les réacteurs nucléaires français ne disposaient pas d’une durée de vie définie. EDF a décidé de fixer un seuil d’une quarantaine d’année avec des “réexamens périodiques” fixés tous les dix ans.

Parmi les centrales nucléaires dont la durée de vie va être allongé, certaines ont été répertoriés par l’ONG Greenpeace comme des risques nucléaires. © Greenpeace

Parmis les réacteurs concernés par cet allongement, celui de la centrale de Gravelines (Nord), Saint-Laurent (Loir-et-Cher), Bugey (Ain) ou encore celle du Blayais (Gironde). Mis en service dans les années 80, certains réacteurs sont déjà quadragénaires.

Les centrales nucléaires françaises en activité ont été conçues pour fonctionner entre 30 et 40 ans. Au-delà, les réacteurs nucléaires entrent dans une phase de vieillissement inconnue”, a indiqué à l’AFP l’ONG Greenpeace, qui demande de “préparer les prochaines fermetures”.

Cette décision de l’Autorité de Sûreté Nucléaire intervient alors que la France prévoit à l’horizon 2035 de réduire sa production d’électricité d’origine nucléaire à 50 %, contre 70% aujourd’hui. Pour y arriver, la France prévoit de fermer douze sites en plus de celui de Fessenheim (Haut-Rhin).