Climat : l’ONU dénonce les engagements insuffisants des pays signataires de la COP21

Les derniers engagements climatiques déposés par les Etats signataires de l'Accord de Paris sont "très loin" des objectifs, a dénoncé ce vendredi l'ONU, qui appelle les gros pays émetteurs à passer de la parole aux actes.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a estimé vendredi 26 février dans un communiqué que les engagements climatiques effectivement déposés dans le cadre de l’Accord de Paris étaient « une alerte rouge pour notre planète ». Avant de rappeler l’urgence à réduire les émissions de CO2: «En 2021, ça passe ou ça casse pour l’urgence climatique mondiale. La science est claire, pour limiter la hausse des températures à 1,5°C, nous devons réduire les émissions de 45% d’ici à 2030 par rapport à 2010».

Les quelque 200 signataires du pacte climatique de 2015 qui vise à limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle (et si possible à +1,5°C), devaient soumettre avant le 31 décembre 2020 leurs engagements révisés, appelés “contribution déterminée au niveau national” (NDC).

Mais seuls 75 pays (dont les membres de l’UE) ont tenu leurs engagements jusque-là, et ces derniers ne sont pas les plus polluants, puisqu’ils ne représentent que 30% des émissions mondiales. Selon l’ONU, l’impact combiné de ces nouvelles contributions constituerait moins de 1% de baisse des émissions d’ici à 2030 (comparé à 2010). On est très loin des 45% nécessaires pour rester sous les 1,5°C comme l’ont estimé les experts climat des Nations Unies et du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec)

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Les engagements des gros pollueurs se font attendre

«Les émetteurs les plus importants doivent présenter des objectifs de réductions des émissions bien plus ambitieux pour 2030 dans leurs contributions nationales bien avant la conférence climat de Glasgow (COP26) en novembre», a insisté Antonio Guterres, alors que la COP26 a déjà été reportée d’un an en raison de la pandémie de Covid-19.

«C’est incroyable de penser qu’alors que les nations font face à une urgence qui pourrait à terme éradiquer la vie humaine sur cette planète, et que malgré toutes les études, tous les rapports et les mises en garde des scientifiques du monde entier, de nombreux pays s’en tiennent à leur approche de statu quo», s’est emportée la responsable climat de l’ONU, Patricia Espinosa, lors d’une conférence de presse.

L’ONU fera un nouveau rapport d’évaluation des NDC avant l’échéance de la COP26 de Glasgow. Beaucoup attendent d’ici là les engagements des gros pollueurs et en particulier ceux de la Chine, qui s’est engagée à la neutralité carbone d’ici à 2060, mais qui n’a pas déposé de nouvelle NDC. Le retour des États-Unis autour de la table des négociations, dont le nouveau président Joe Biden, qui a fait du climat une de ses priorités, est lui aussi espéré.

« L’urgence climatique ne s’est pas arrêtée pour la pandémie »

Un certain nombre de pays mettent en avant la crise du Covid-19 pour retarder leur engagement climatique. Un argument qui peut parfois être compréhensible, note Patricia Espinosa. «Mais l’urgence climatique ne s’est pas arrêtée pour la pandémie et elle ne va pas disparaître parce qu’il y a une autre urgence», insiste-t-elle, appelant à saisir l’opportunité de la relance pour accélérer la transition écologique.

Pour l’instant, la planète a gagné un peu plus de 1°C, entraînant une multiplication des événements météo extrêmes, des canicules aux tempêtes, en passant par les sécheresses et les inondations.