Climat : un iceberg de la taille de Paris se détache de l’Antarctique

Un iceberg de la taille de l'agglomération de Paris ou Londres est en train de se détacher de l'Antarctique. Les scientifiques ne relient pour l'instant pas ce phénomène au réchauffement climatique.

Ce sont les scientifiques du British Antarctic Survey (BAS) qui ont donné l’alerte vendredi 26 février aux alentours de trois heures du matin. Un iceberg de la taille de l’agglomération parisienne a commencé à se détacher de l’Antarctique, non loin d’une de leurs stations d’étude scientifique.

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Le bloc de glace, qui fait près de 1270 kilomètres carrés, s’est détaché du reste de la banquise tôt vendredi matin, selon les données récoltées par des instruments britanniques installés à proximité de la station.

Un phénomène exceptionnel, selon Adrian Luckman, glaciologue à l’université de Swansea, interrogé par la BBC. «Bien que la rupture de grandes parties des plates-formes de glace de l’Antarctique soit une partie tout à fait normale de leur fonctionnement, les grands événements de vêlage tels que celui détecté vendredi sur la plate-forme de glace de Brunt restent assez rares et passionnants», a‑t-il expliqué.

Aucune vie humaine n’est menacée. Les douze personnes qui travaillaient jusqu’ici dans la station Halley VI, située à moins de 20 kilomètres de la zone de rupture, ont été évacuées mi-février par avion, a indiqué dans un communiqué le British Antarctic Survey.

«Nos équipes sont préparées depuis des années à ce qu’un iceberg se détache de la barrière de Brunt», a indiqué Jane Francis, directrice du BAS, les équipes surveillant «quotidiennement» l’avancée des failles grâce à «un réseau automatisé d’instruments GPS de haute précision autour de la station».

Ces données, ensuite envoyées à l’université de Cambridge pour analyse, ont permis de donner l’alerte vendredi sans que personne ne soit sur place.


La partie blanche est la partie qui est en train de se séparer du reste de la calotte glaciaire antarctique. Source : Copernicus

Un phénomène indépendant du réchauffement climatique

Sur son site, le British Antarctica Survey précise dans un communiqué de presse que le phénomène est un «processus naturel» et qu’il n’y a «aucune preuve que le changement climatique a joué un rôle important»

Plusieurs scénarios sont désormais possibles pour les mois à venir : «soit l’iceberg va s’éloigner, soit il va s’échouer et rester» à proximité, estime Jane Francis.

Les équipes, elles, ne reviendront pas de sitôt, la station restant fermée pour le reste de l’hiver arctique.

Photo prise vendredi 26  janvier 2021 par des scientifiques basés à Halley. Crédits : British Antarctica Survey