Des parcelles de la forêt amazonienne vendues sur Facebook

Des parcelles de la forêt amazonienne au Brésil sont vendues illégalement sur le réseau social Facebook, selon des informations de la BBC. Les protecteurs de l'environnement dénoncent l'inaction du gouvernement.

Des parties de de la forêt amazonienne au Brésil sont vendues illégalement sur Facebook sous forme de petites annonces, a révélé la BBC ce vendredi. Certaines offres représentent une surface atteignant jusqu’à 1 000 terrains de football. Ces aires sont pourtant protégées et comprennent des terres réservées aux peuples autochtones.

De son côté, Facebook a déclaré qu’il était “prêt à travailler avec les autorités locales”, mais qu’il ne prendrait pas de mesures indépendantes pour mettre fin au commerce. Nos politiques commerciales exigent que les acheteurs et les vendeurs se conforment aux lois et réglementations”, a ajouté la firme californienne.

“Les voleurs de terre se sentent tellement en confiance au point qu’ils n’ont pas honte d’aller sur Facebook pour conclure des transactions foncières illégales”, a réagi Ivaneide Bandeira, directeur de l’ONG environnementale Kanindé. Les militants dénoncent l’inaction du pouvoir politique. “Le gouvernement du président Jair Bolsonaro a toujours clairement indiqué qu’il avait une tolérance zéro pour tout crime, y compris environnemental” a répondu le ministre brésilien de l’Environnement, Ricardo Salles, à la BBC.

“Aucun risque d’inspection”

Il suffit d’écrire les termes de “forêt”, “jungle indigène” et “bois” en portugais dans l’outil de recherche de Facebook Marketplace, et de choisir une géolocalisation, pour trouver les parcelles proposées à la vente. Toujours selon la BBC, de nombreux vendeurs admettent qu’ils n’ont pas de titre foncier, pourtant seul document qui prouve leur propriété selon la loi brésilienne.

Le média britannique a interrogé certains de ces vendeurs de terres. “Il n’y a aucun risque d’inspection par des agents de l’État ici”, explique l’un d’entre eux, marchant à travers une parcelle de forêt tropicale qu’il a entièrement brûlée. Illégalement défrichée et prête à être cultivée, il avait triplé le prix initial de cette terre, proposée à  35 000 $ (30 000 €).

La déforestation en Amazonie brésilienne est à son plus haut niveau depuis 12 ans. De son côté, le gouvernement a réduit de 40 % le budget des inspections d’Ibama, l’agence fédérale chargée de réguler la déforestation. Le ministre brésilien de l’Environnement a ajouté que les gouvernements des États étaient également responsables de la déforestation.