Nigeria : 317 écolières portées disparues après un nouveau kidnapping de masse

Des dizaines d’hommes armés ont enlevé 317 filles des dortoirs d’une école du nord-ouest du Nigeria, dans la nuit de jeudi à vendredi. Le gouvernement refuse de se plier aux exigences des ravisseurs, qui réclament une rançon.

Le Nigeria frappé par un nouveau drame. Dans la nuit de jeudi à vendredi 26 février, des dizaines d’hommes armés ont enlevé 317 filles des dortoirs d’une école dans l’État de Zamfara, au nord-ouest du Nigeria, selon des sources locales citées par l’AFP. Les hommes armés sont arrivés en voiture juste avant minuit, et ont opéré pendant plusieurs heures.

«J’ai reçu un appel pour m’informer que des bandits avaient kidnappé des élèves», raconte à l’AFP Sadi Kawaye, un père dont deux filles ont été enlevées.

Le président nigérian, Muhammadu Buhari, a condamné vendredi soir cet enlèvement qu’il qualifie d’«inhumain». Il a prévenu dans un communiqué que son administration «ne cédera pas au chantage des bandits qui ciblent d’innocentes élèves en espérant le paiement d’importantes rançons».  Dans la soirée, le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres a lui aussi demandé la «libération immédiate et inconditionnelle» des adolescentes.

Ce nouveau kidnapping de masse contre rançon intervient une semaine après l’enlèvement de 42 personnes dans l’état du Niger, au centre-ouest du Nigeria. Plus de 300 garçons avaient également été enlevés début décembre à Kankara dans l’Etat de Katsina.

«C’est un des états qui est continuellement attaqué par ces bandits, avec des enlèvements contre rançons et des pillages de villages… Les personnes au nord du pays font face à ces choses quotidiennement,» explique le journaliste d’Al Jazeera Ahmed Idris. Le président Buhari a d’ailleurs demandé aux gouverneurs de ces États à «revoir leur politique de récompense des bandits avec de l’argent et des véhicules», susceptible de causer un «effet boomerang désastreux».

Signe de la lassitude de la population locale, une foule en colère a caillassé les véhicules d’un convoi officiel qui se rendaient sur les lieux dans la journée. Les parents d’une cinquantaine d’élèves ayant échappé au rapt ont également saccagé l’école, en refusant que leurs filles y restent pour être interrogées par les autorités.