Climat : Pompili estime “l’esprit” de la Convention citoyenne respecté

Les membres de l'instance créée par le gouvernement en octobre 2019 ont noté dimanche négativement les réponses du gouvernement, apportées à leurs propositions.

“Sur les enjeux, on a repris l’esprit de tout ce que voulaient les membres de la Convention citoyenne”, s’est défendue lundi 1er mars, la Ministre de la Transition écologique Barbara Pompili. La veille, les 150 membres de l’instance, qui s’est achevée le jour-même, avaient sévèrement noté la réponse du gouvernement à leurs propositions. C’est avec la note de 3,3/10 qu’ils témoignent de leur mécontentement, estimant la réaction des ministres “insuffisante” sur quatre des six thèmes au programme.

Peu de mesures ont eu la moyenne… Sur la thématique “se loger” : 3,4/10. “Produire et travailler”, “se nourrir” et “se déplacer” : 3,7 chacune. “Consommer” a obtenu 4 et les propositions sur la gouvernance 4,1. La meilleure note 6,1/10 a été attribuée à la réforme de l’article premier de la Constitution, visant à y introduire la notion de lutte contre le changement climatique.

https://twitter.com/lecese/status/1366048888440905729?s=20

Voulue par Emmanuel Macron pour répondre en partie à la crise des “gilets jaunes”, la Convention citoyenne a été chargée d’élaborer en quelques mois des propositions afin de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre en France. Nombre d’entre elles ont été rejetées par le gouvernement. “On n’a pas tout repris parce qu’on a acté qu’il y avait un certain nombre de points qui nécessitaient soit une adaptation, soit un travail avec les acteurs concernés pour que ce soit mieux accepté”, a justifié lundi Barbara Pompili, avant d’assurer qu’il n’y avait “aucune baisse de motivation” de la part du gouvernement.

“Des demandes de recul sur ce texte, il va y en avoir beaucoup, parce que contrairement à ce qu’une petite musique laisse entendre, ce texte est quand même très ambitieux et vous aurez l’occasion d’entendre certains qui trouvent qu’il est trop ambitieux, qu’il veut aller trop vite, trop loin, que c’est trop compliqué”, a même avancé la Ministre de la Transition écologique, en parlant des futurs débats parlementaires.

Cette déclaration de la ministre intervient alors que l’État a été condamné pour “carences fautives” dans la lutte contre le changement climatique trois semaines plus tôt. Du côté de la Convention citoyenne pour le climat, les réponses données par le gouvernement étaient “une claque à la démocratie participative”.

Manon Chapelain