Crise en Arménie : le Premier ministre prêt à organiser des élections anticipées

Le Premier ministre arménien se dit prêt à organiser des élections législatives anticipées pour mettre fin à la crise politique que connait l'Arménie depuis novembre dernier.

C’est un revirement inattendu. Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a déclaré lundi 1 mars être prêt à organiser des élections législatives anticipées pour mettre fin à la crise politique que connaît ce pays du Caucase depuis sa défaite militaire de l’automne dernier au Haut-Karabag — cette République autoproclamée de Transcaucasie majoritairement peuplée d’Arméniens mais située sur le territoire Azerbaïdjanais.

“Si l’opposition parlementaire est d’accord pour des élections anticipées, nous serons aussi d’accord”, a lancé Nikol Pachinian, dont le parti dispose actuellement d’une majorité au Parlement, devant environ 10 000 partisans réunis sur la place de la République.

Cette déclaration intervient alors qu’il a réuni lundi soir des milliers de ses partisans en plein centre de la capitale Erevan pour montrer que “le peuple est disposé à soutenir l’ordre démocratique”.

Le “traitre” Pachinian

Depuis la défaite face à l’Azerbaïdjan, l’opposition réclame la démission du premier ministre élu en mai 2018. Ce premier mars, elle organisait une manifestation de ses soutiens au même moment que Nikol Pachinian. Avec un objectif, pousser le chef de l’État élu en mai 2018 à démissionner.

L’opposition réclame la démission de Nikol Pachinian, qualifié de “traître” depuis qu’il a accepté en novembre, sous pression, un accord de paix entérinant une défaite humiliante face à son ennemi juré, l’Azerbaïdjan, dans la région indépendantiste du Nagorny Karabakh.

Le Premier ministre a admis avoir commis des erreurs et a présenté ses excuses. Il a pourtant une nouvelle fois rejeté les appels à sa démission. “Allons aux élections pour voir de qui le peuple réclame la démission […], a déclaré le Premier ministre. Seul le peuple peut décider qui restera au pouvoir”.