Deux expertes de l’ONU réclament une enquête sur l’empoisonnement de Navalny

Une enquête internationale concernant l'empoisonnement de l'opposant au gouvernement russe, Alexeï Navalny, est réclamée par deux expertes indépendantes des Nations unies. L'opposant russe est lui en cours de transfert vers une colonie pénitentiaire.

Deux expertes indépendantes des Nations unies ont réclamé ce lundi une enquête internationale sur l’empoisonnement en août de l’opposant au Kremlin, Alexeï Navalny. Elles demandent aussi sa “libération immédiate”.

Clarifier les circonstances de l’empoisonnement

“Étant donné la réponse inadéquate des autorités nationales, l’utilisation d’armes chimiques interdites […], nous pensons qu’une enquête internationale devrait être menée de toute urgence afin d’établir les faits et de clarifier toutes les circonstances concernant l’empoisonnement de M. Navalny”, ont déclaré Agnès Callamard et Irene Khan, les deux expertes, dans un communiqué.

Nous pensons que l’empoisonnement de M. Navalny au Novitchok [un agent innervant ndlr] a été délibérément commis pour envoyer un avertissement clair et sinistre que ce serait le sort de quiconque critiquerait et s’opposerait au gouvernement. Novitchok a précisément été choisi pour susciter la peur”, ont-elles ajouté dans ce communiqué qui n’engage en rien l’ONU.

Une colonie pénitentiaire isolée

L’avocat a été arrêté à son retour dans le pays en janvier dernier après cinq mois de convalescence passés en Allemagne pour se remettre d’un empoisonnement dont il accuse le Kremlin. Il doit purger une peine de deux ans et huit mois de prison pour une affaire de fraude datant de 2014. Les avocats et les proches de l’opposant russe ont appris, dimanche, que Navalny est en transition dans une région à 200 kilomètres à l’est de Moscou pour être ensuite transféré dans une colonie pénitentiaire. 

La justice russe a confirmé la semaine dernière la condamnation du militant anticorruption de 44 ans dans cette affaire de fraude, que l’intéressé et de nombreuses capitales occidentales et ONG dénoncent comme politique. Depuis son retour en Russie, Navalny est accusé tous azimuts et les condamnations se multiplient.

La plupart des peines d’emprisonnement en Russie sont effectuées dans des camps pénitentiaires souvent situés loin des grandes villes. Un héritage de l’Union soviétique. Le travail des détenus, habituellement dans des ateliers de couture ou de fabrication de meubles, y est souvent obligatoire.