Olivier Véran: le vaccin AstraZeneca autorisé pour les 65–75 ans “avec comorbidité”

Reçu sur le plateau du 20-heures de France 2, le ministre de la santé espère une accélération de la campagne de vaccination dès le mois de mars.

Les 65–75 ans atteints de comorbidité, jusqu’à présent hors des catégories d’âges autorisées, pourront désormais se faire vacciner avec le sérum d’AstraZeneca, a annoncé Olivier Véran ce lundi.  “Il y avait des trous dans la raquette (…) Toutes les personnes de 50 ans et plus, qui ont des fragilités, peuvent se faire vacciner avec le vaccin AstraZeneca sans limite d’âge”, a‑t-il résumé sur le plateau de France 2. Une annonce qui anticipe celle de la Haute Autorité de santé (HAS), qui devait actualiser son avis sur l’utilisation du vaccin AstraZeneca pour les plus de 65 ans. Comme le révélait nos confrères du Parisien, le gouvernement comptait sur une réhabilitation du vaccin d’AstraZeneca, qui a eu mauvaise presse au début de l’année en Europe. Emmanuel Macron lui-même avait estimé qu’il était “inefficace” chez les personnes âgées.

Suite à des rumeurs parues dans la presse allemande courant février et à cause du manque de données viables sur ses effets sur les patients de plus de 65 ans, plusieurs autorités sanitaires européenne, dont la France, avaient refusé de recommander le vaccin d’AstraZeneca, développé avec l’université d’Oxford. La semaine dernière une étude de l’université d’Édimbourg est venue conforter son efficacité sur les plus âgés. Réalisée sur plus d’un million de personnes, dont la moitié 400 000 avec le vaccin AstraZeneca, elle estimait à 94% l’efficacité de la première dose de vaccin contre les hospitalisations. D’après la presse outre-Manche, où le vaccin est autorisé sans limite d’âge, les données de vie réelle collectées dès le mois de janvier par les autorités britannique confirmeraient que le vaccin d’AstraZeneca réduit la transmission d’au moins 66%. 

Six millions d’injections en mars

Invité du 20-heures, Olivier Véran a profité de cette annonce pour répondre aux questions d’internautes sur le plateau de France 2. Sollicité sur la possibilité de se faire vacciner en tant que professeur, le ministre a rappelé la doctrine du gouvernement: “On protège ceux qui vont en réanimation”. Pas d’ouverture aux professeurs ni aux fonctionnaires pour l’instant. Le gouvernement résonne en fonction des tranches d’âge et des “fragilités” des personnes, hormis pour le personnel soignant et les pompiers “au contact avec des personnes fragiles”, a‑t-il justifié. Au lendemain des images des quais de Seine de Paris bondés dimanche, le ministre a souhaité rappeler l’importance du port du masque en tout circonstance. “Les contaminations en extérieur existent, même si elles ne sont pas les plus fréquentes”, a rappelé le ministre de la santé.

Sur le rythme de la vaccination, le ministre anticipe six millions de premières injections en mars, soit un total de 9 millions de doses injectées en comptant les personnes qui reçoivent leur seconde dose. Un chiffre ambitieux, deux fois plus qu’en janvier et février cumulés. Autre annonce: les personnes qui ont déjà été positives au Covid et développées des anticorps ne devront plus se faire injecter deux doses du vaccin de Pfizer ou Moderna, une seule suffira désormais. Une changement de stratégie qui augure une accélération de la campagne dans les prochaines semaines, sans calendrier précis pour l’heure.