Vives réactions chez les politiques après la condamnation de Nicolas Sarkozy

De nombreux élus ont réagi contre l'"acharnement judiciaire" dont serait victime l'ancien président de la République, condamné pour corruption et trafic d'influence. La gauche salue une décision "démocratique".

À peine condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis, Nicolas Sarkozy pouvait compter sur ses soutiens pour réagir à la décision de justice rendue lundi après-midi, “disproportionnée” à leurs yeux. Le chef de file au Sénat des Républicains, Bruno Retailleau, déplore “une condamnation extrêmement dure dans un dossier particulièrement faible”.

De nombreuses personnalités ont appelé au respect de la présomption d’innocence, l’ancien président ayant décidé de faire appel de la condamnation de lundi. Pour le député Les Républicains des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, le “parcours judiciaire” de l’ancien président est “loin d’être terminé”.

Au-delà du jugement, c’est l’institution judiciaire qui est attaquée et accusée d’avoir pris parti dans cette affaire dite “des écoutes.” Christian Jacob, président des Républicains, un parti fondé par Nicolas Sarkozy,  s’en est pris directement à la procureure nationale financier et aux juges. “La sévérité de la peine retenue est absolument disproportionnée, a‑t-il accusé dans un tweet, et révélatrice de l’acharnement judiciaire d’une institution déjà très contestée. Toute la lumière devra être faite sur les méthodes et l’indépendance du Parquet national financier (PNF)”. Selon le député d’Eure-et-Loir, Olivier Marleix, le Parquet “n’a amené aucune preuve” de la culpabilité de Nicolas Sarkozy. “En 2017 déjà les choix du PNF ont décidé de la présidentielle”, a‑t-il précisé en référence à l’enquête pour soupçons d’emplois fictifs ouverte pour François Fillon, alors candidat de la droite à l’élection.

Un soutien qui va au-delà du parti Les Républicains. Le patron de Debout la France et ex-candidat à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan a dénoncé un “deux poids deux mesures”. “Quand la justice sera-t-elle aussi sévère avec les délinquants qui trafiquent de la drogue et agressent nos policiers?”, a‑t-il interrogé. Même la compagne de Nicolas Sarkozy et ancienne première dame Carla Bruni est montée au créneau et partagé un message sur Instagram dans lequel elle regrette un “acharnement insensé”.

Proche de longue date, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a pris la parole ce lundi pour apporter son “soutien amical” à Nicolas Sarkozy tout en refusant de “commenter” la décision de justice. La relation entre les deux homme ne date pas d’hier, et fut “quasi filiale”, comme le rapporte le livre “Tout restera en famille” (Fayard) du journaliste Ludovic Vigogne.

La gauche jubile

De l’autre côté de l’échiquier politique, le verdict est salué à gauche. Le secrétaire national d’Europe écologie-Les Verts Julien Bayou semblait satisfait, lundi, de la décision de justice prise contre l’ancien président. On reconnaît une démocratie à sa capacité à juger ses dirigeant-es., a‑t-il écrit sur son compte Twitter. Après, Chirac, Sarkozy condamné, et la clique Guéant, Balkany et cie. La corruption mine notre pacte démocratique et coûte des milliards chaque année.”