Coronavirus : avec plus de 3500 patients, les services de réanimation sous tension

Après Nice et Dunkerque, une vingtaine de départements "sous vigilance accrue", dont ceux de Paris et Lyon, attendent de nouvelles mesures restrictives afin de freiner l'épidémie qui circule plus activement dans ces territoires.

Alors que le président de la République a demandé aux Français de tenir encore “ente 4 à 6 semaines” avant un potentiel relâchement des mesures restrictives, la tension hospitalière augmente sur le territoire ce mardi 2 mars.

Avec 3.544 personnes soignées en service de réanimation, dont 347 accueillies pendant les 24 dernières heures, le niveau d’occupation est similaire à celui de début décembre, à la sortie de la deuxième vague du Covid-19. Le nombre de décès lui aussi est en hausse avec 379 morts à l’hôpital en 24 heures selon les données de Santé publique France.

Malgré l’habituel rattrapage en sortie de week-end, plusieurs médecins, notamment en Île-de-France et à Lyon, alertent sur de réels “afflux de patients” et demandent de durcir les mesures de prévention. “Si on n’agit pas vite, on risque un débordement très important” en Île-de-France, a mis en garde dimanche dernier le professeur Djillali Annane, chef du service de réanimation à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine). Invité sur Franceinfo dimanche, le médecin a rappelé que “tous les jours la tension monte graduellement et inexorablement” avec “majoritairement des patients atteints par le variant britannique” depuis 15 jours.

Si ces chiffres à l’échelle du pays font état d’une dégradation de la situation, le bilan n’est pas le même partout. Le gouvernement qui réfléchit à durcir les restrictions dans les 20 territoires placés sous surveillance accrue dont font partie les Bouches-du-Rhône, la Drôme, la Meurthe-et-Moselle, Paris et sa petite couronne. Ce sont dans ces zones que la tension hospitalière est la plus forte.

Vers un nouveau tour de vis ?

Même si le niveau actuel de patients en réanimation reste en deçà du niveau atteint la veille des deux précédentes mises sous cloche du pays, (4.900 patients en réanimation à l’automne, 7.000 au printemps), le ministre de la Santé n’exclut pas d’étendre un reconfinement le week-end comme cela est déjà le cas à Nice et à Dunkerque.

«Deux semaines de hausse, a déploré Olivier Véran, interrogé sur France 2 lundi 1er mars, et une tension hospitalière sur un niveau élevé». Un constat qui pourrait mener le gouvernement vers un nouveau reconfinement ? «Quand nous avons décidé de confiner le pays, c’est que nous étions dans une augmentation exponentielle, a‑t-il répondu. Là, il est vrai que ca augmente […] mais nous sommes dans une situation hétérogène sur le territoire […] par exemple sur la côte Atlantique.»

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