Diplomatie : Erdogan veut renforcer la coopération franco-turque

Les relations entre Paris et Ankara se réchauffent. Le chef de l’Etat français et son homologue turc se sont parlés ce mardi 2 mars, pour la première fois depuis septembre.

Après des mois de tensions, le ton entre Paris et Ankara semble plus apaisé. La Turquie souhaite coopérer avec la France contre le “terrorisme” et oeuvrer pour la stabilité au Proche-Orient, a déclaré ce mardi 2 mars le président Recep Tayyip Erdogan à son homologue Emmanuel Macron. Covid-19 oblige, c’est par visioconférence que les deux chefs d’Etat ont échangé.

“Nous pouvons contribuer de manière significative à la stabilité et à la paix de l’Europe au Caucase et du Proche-Orient à l’Afrique. Il existe également des mesures que nous pouvons prendre ensemble (…) contre les organisations terroristes”, a déclaré M. Erdogan à M. Macron au cours de cet entretien en visioconférence, selon un compte-rendu diffusé par la présidence turque. “La Turquie souhaite coopérer avec la France dans tous ces domaines”, a‑t-il ajouté, affirmant que la collaboration entre les deux pays avait un “grand potentiel”.

Des retrouvailles en toute discrétion, après des mois de tensions et d’invectives réciproques. Le président turc avait notamment affirmé que la France devait “se débarrasser” le “plus vite possible” de son chef de l’Etat, qualifié de problème. Erdogan a soutenu qu’il doutait de la “santé mentale” du président français, le taxant  “d’islamophobie” et en octobre allant jusqu’à appeler au au boycott des produits français. En retour, Emmanuel Macron dénonçait avec vigueur les visées expansionnistes turques, des hydrocarbures à Chypre en passant par l’activisme militaire en Libye et au Haut-Karabakh.

Réparer l’ “amitié” franco-turque

Désormais, Ankara cherche à normaliser ses relations avec Paris. Dans le viseur : la réunion des chefs d’Etat européens à Bruxelles le 25 mars, lors de laquelle les dirigeants de l’Union doivent établir une “feuille de route” sur l’avenir des relations de l’Union avec la Turquie. Les rapports entre Ankara et l’Europe se sont dégradés depuis 2016, notamment à cause des purges lancées par M. Erdogan contre ses opposants politiques.

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Maintenant qu’il cherche à réparer les relations entre la Turquie et l’Union européenne sur fond de problèmes économiques, Recep Tayyip Erdogan a multiplié les déclarations apaisantes ces dernières semaines. Dans leur entretien de ce mardi, ce dernier a ainsi souligné que l’“amitié” franco-turque avait “surmonté nombre d’obstacles” depuis ses débuts au 16e siècle sous les règnes du roi François 1er et du sultan Soliman le Magnifique. La présidence turque a cependant omis d’évoquer dans son compte-rendu la situation des 27 enseignants français de l’Université Galatasaray d’Istanbul récemment privés de leur permis de travail et menacés d’expulsion sans préavis.

Emma Ruffenach