La Convention citoyenne pour le climat est “dans une démarche politique”, estime Barbara Pompili

Après le jugement sévère porté sur le projet de loi sur le climat par les citoyens de la Convention, la ministre de la Transition écologique parle d'un bilan "biaisé".

“Un bel héritage”. Invitée de la matinale de Franceinfo ce mardi, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili s’est félicitée de son projet de loi “Climat et résilience”, déposé à l’Assemblée nationale il y a un mois, faisant fi des notes catastrophiques que la Convention citoyenne pour le climat (CCC) lui a adressées. Selon elle, les zéros pointés plombant la moyenne sont le signe d’une “démarche politique”, de la part de certains membres de cette convention, initialement tirés au sort pour réfléchir aux priorités en matière de politique environnementale.

“Ce que je veux, c’est garder l’esprit” du travail mené par la Convention citoyenne pour le climat (CCC), a déclaré Barbara Pompili, comme elle l’avait déjà annoncé lundi à l’Assemblée Nationale. Selon elle, la promesse est tenue, malgré la grogne des membre de la convention. Dix-huit mois après le lancement de la CCC pour répondre à la crise des “gilets jaunes”, 119 des 150 membres de cette instance de démocratie participative inédite ont été appelés ce week-end à noter la loi issue du ministère de la Transition écologique. Leur verdict est très sévère : ils ont donné une note globale de 3,3/10 à la reprise de leurs propositions.

Aucune des mesures du projet de loi n’a obtenu la moyenne. Et la CCC s’est achevée dimanche 28 février sur un bilan pessimiste, les citoyens estimant que le texte ne permettra pas d’atteindre l’objectif de réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre de la France.

“Personne ne doit se retrouver coincé”

Mais pour Barbara Pompili, le système de notation utilisé “avait quand même un certain nombre de biais”, certains citoyens ayant, d’après elle, décidé de mettre la note de 0 à toutes les propositions. “Une partie des citoyens sont dans une démarche politique : ils votent plus sur l’urgence, que sur les mesures qu’eux-mêmes ont proposées”, a‑t-elle insisté. D’où l’opposition avec le gouvernement, qui “doit porter des mesures qui peuvent être acceptées”.

“On peut avoir les ambitions les plus hautes possible. Si on ne peut pas les appliquer, cela ne sert à rien. On doit faire en sorte que tout le monde ait des solutions derrière, que personne ne se retrouve coincé à cause de l’une des mesures”, a développé la ministre

Les mesures présentées devant la CCC ne sont pas définitives et l’avenir du texte est désormais entre les mains des parlementaires. “Il sera certainement amélioré et voté”, avance Barbara Pompili. Allant jusqu’à admettre que “même le Gouvernement estime que [certaines pistes] ne sont pas toujours abouties.”

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