Covid-19 : pharmaciens et infirmiers doivent aussi pouvoir vacciner, selon la HAS

La Haute autorité de santé estime que les vaccins contre le Covid-19 doivent pouvoir être injectés par les pharmaciens, infirmiers et sages-femmes. Jusque-là, cette extension de compétences ne concernait que celui développé par AstraZeneca.

Tous les vaccins contre le Covid-19 doivent pouvoir être administrés par les pharmaciens, les infirmiers et les sages-femmes, en plus des médecins, a recommandé la Haute autorité de santé (HAS) mardi 2 mars. L’élargissement des professionnels de santé concernés doit servir de “levier d’accélération de la campagne” de vaccination, indique Dominique Le Guludec, la présidente de l’autorité. L’objectif est de “diversifier le profil des vaccinateurs, de multiplier les lieux de vaccination et, in fine, de simplifier cette vaccination”, a‑t-elle ajouté au cours d’une conférence de presse en ligne.

Un mois auparavant, le 2 février, la HAS avait publié un avis dans lequel elle recommandait “de permettre aux sages-femmes et aux pharmaciens d’officine déjà formés à la vaccination (…) de prescrire et de de réaliser la vaccination” avec le produit de la société AstraZeneca. Mais jusqu’à présent, les deux autres vaccins disponibles en France, ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna, n’étaient pas concernés.

La prescription également

Outre l’administration des vaccins, leur prescription peut être étendue aux différents professionnels de santé, préconise également la HAS. Elle recommande ainsi que les pharmaciens puissent prescrire tous les vaccins contre le Covid-19, sauf dans quelques cas particuliers, comme celui des femmes enceintes. À l’inverse, l’autorité conseille que les sages-femmes puissent prescrire les trois vaccins autorisés aux femmes, “en particulier les femmes enceintes”. Les avis de la HAS ne s’imposant pas au gouvernement, il lui revient de reprendre à son compte, ou pas, ses dernières recommandations.

Jusqu’à présent le gouvernement s’était opposé à l’élargissement des personnels habilités à injecter les vaccins. La question est sensible. En 2008, lors de l’épidémie de grippe HIN1,l’exécutif de l’époque avait autorisé les pharmaciens à vacciner. Les médecins avaient vivement protesté contre ce choix. Ils avaient eu le sentiment d’être évincé.

À ce jour, les vaccinations contre le Covid ont essentiellement lieu dans les hôpitaux et les centres de vaccination. Une nouvelle page de la campagne s’est ouverte la semaine dernière, avec la possibilité pour les médecins de ville et du travail d’injecter le vaccin d’AstraZeneca aux personnes de 50 à 64 ans atteintes de comorbidités.

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