L’Assemblée nationale vote la hausse de l’aide au développement

La nouveauté : des crédits en hausse recentrés sur les pays africains et Haïti, et le focus sur les dons, plutôt que les prêts pour se distinguer du modèle chinois.

“Développement solidaire” et “lutte contre les inégalités mondiales” sont les maîtres mots du nouveau projet de loi de la coopération entre la France et l’Afrique. Unanime, l’Assemblée nationale a adopté ce mardi 2 mars la réforme de l’aide public au développement (APD) avec des crédits en hausse, recentrés sur les pays africains et Haïti. Paris adopte ainsi une toute nouvelle approche, en se concentrant sur les dons plutôt que les prêts, pour se différencier du modèle de Pékin.

À l’issue de cette première lecture qui s’est déroulée en fin d’après-midi, les députés ont soutenu ce projet de loi, assez consensuel, par 502 voix pour. On dénombre 41 abstentions des parlementaires communistes (PCF), des insoumis (LFI) et du Rassemblement National (RN). Le texte est désormais attendu au Sénat.

“Méthodes refondées”

Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, a salué “un très bon signal” et un “tournant”, grâce à des “moyens renforcés” et des “méthodes refondées”, lors d’une audition de la commission des affaires étrangères. Ce texte concrétise la promesse du président Emmanuel Macron d’augmenter l’aide publique au développement à 0,55% du revenu national brut (RNB) à la fin du quinquennat en 2022, contre 0,37% à son arrivée à l’Elysée. Il redéfinit donc la “doctrine française” en termes d’aide aux pays les moins favorisés.

Le Ministère des Affaires étrangères se félicitait ainsi de la hausse régulière de l’engagement hexagonal en ces termes : “L’APD française a dépassé pour la première fois le seuil des 10 milliards d’euros en 2017, pour s’établir à 0,43% en 2018 et à 0,44% du revenu national brut (RNB) en 2019”.

Cinquième bailleur du Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) en 2019, la France prévoit d’atteindre les 0,69% en 2021, selon le Ministère de l’Economie. Si la France respecte cette trajectoire, elle dépasserait les engagements d’autres États membres de l’UE, qui visent une échéance à plus long terme, en 2030. Certains pays comme le Luxembourg et les pays scandinaves – les meilleurs élèves de l’APD – dépassent déjà l’objectif.

Emma Ruffenach