Les concours d’entrée de l’ENA s’apprêtent à évoluer radicalement

Des épreuves moins nombreuses, moins académiques, et plus professionnelles. Selon les informations du journal "Le Monde", l'École nationale de l'administration (ENA) s'apprête à chambouler ses modalités d'admission.

 

Du changement à l’ENA. Le directeur de l’École nationale de l’administration, Patrick Gérard, devrait proposer au prochain conseil d’administration du 17 mars de faire radicalement évoluer les concours d’entrée de la prestigieuse école, selon un document préparatoire dont Le Monde a obtenu une copieCette décision pourrait ainsi être adoptée définitivement en juin. Réformateur, Patrick Gérard avait déjà modifié en profondeur le déroulé de la scolarité, fin 2019, et les modalités du classement de sortie d’école, fin 2020.

Le but final est de faire de l’ENA un établissement de formation professionnelle et non plus une annexe de Sciences Po Paris. Emmanuel Macron a annoncé, en février, la création d’un cinquième concours d’accès à l’ENA pour inciter les jeunes de milieu modeste à y entrer. Il est donc raisonnable de penser que le chef de l’Etat a renoncé à son projet initial : supprimer l’école de la haute administration, comme il l’avait laissé entendre deux ans auparavant. D’autant plus que le gouvernement réfléchit, de son côté, à une réforme de la scolarité ainsi qu’à faire évoluer la carrière des hauts fonctionnaires.

Perte d’attractivité

Le projet de la direction concerne les trois concours classiques : celui dit “externe”, destiné aux étudiants. Celui dit  “interne”, proposé aux fonctionnaires après au moins quatre années de service public. Et le “troisième concours”, ouvert aux professionnels du privé après huit années d’expérience. Le quatrième concours, qui s’adresse aux candidats titulaires d’un doctorat, n’est pas concerné, ni celui dévoilé le 11 février par Emmanuel Macron, selon Le Monde. 

Les concours de l’ENA perdraient en attractivité, un critère qui a sonné l’alerte chez la direction de l’école.  1.700 candidats sont inscrits chaque année, dont un millier pour celui ouvert aux étudiants, un chiffre stable. Mais en trompe‑l’œil, car tous les candidats inscrits ne se présentent pas au concours en présentiel.