Lutte contre les rixes : Un plan du gouvernement “faiblard” selon Marine Le Pen

Invitée de la matinale d'Europe 1, la présidente du Rassemblement National (RN) a fustigé le plan de lutte contre les bandes initié la veille par le gouvernement.

Face à l’escalade de violences en région parisienne, qui ont provoqué la mort de deux adolescents de 14 ans dans l’Essonne à la mi-février, le gouvernement s’organise. Sans convaincre, pour la présidente du Rassemblement national. Invitée de la matinale d’Europe 1, Marine Le Pen a jugé insuffisante la volonté politique du gouvernement de faire changer les choses dans ce qu’elle appelle “les zones de non-droit” et fustige un plan “faiblard”.

Lundi 1er mars, les ministres de l’Intérieur, de la Justice et de l’Éducation se sont réunis en compagnie des préfets d’Île-de-France pour décréter la mobilisation générale pour lutter contre les rixes entre jeunes. Pour désamorcer cette violence, le gouvernement a annoncé la création d’un nouveau plan de lutte contre les bandes dans un communiqué de presse.

 

“J’ai regardé ce qui est sorti de la réunion avec les préfets et les recteurs, et j’ai cru qu’ils évoquaient un plan de lutte contre les accidents domestiques pour les personnes âgées, tellement c’était faiblard”, a‑t-elle ironisé. Ce plan prévoit notamment de recourir à des groupes locaux de traitement de la délinquance, sur le modèle de celui mis en place à Paris qui associe police, mairie et services éducatifs sous l’égide du parquet.

“On nous parle de publics fragiles, de sensibilisation, de prévention (…) mais on parle de bande d’assassins”, insiste la présidente du RN, évoquant une hausse de 25% des rixes, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, par rapport à l’année dernière, “et ce malgré le confinement”.

Un chiffre qui interpelle, mais qui ne reflète aucune tendance. En réalité, les confrontations entre bandes sont chaque année moins nombreuses, selon la préfecture de police. Seules 83 rixes ont été recensées en 2020, à Paris et les départements limitrophes, contre 159 en 2016.

Pour la future candidate à l’élection présidentielle, cela ne change rien. Le gouvernement ne s’attaquerait pas au problème des “zones de non-droit”. Or, assure-t-elle, “l’immense majorité de la délinquance de rue” proviendrait de celles-ci.