Vaccins : seulement 25% des doses AstraZeneca reçues ont été utilisées

Des effets secondaires plus prononcés ont entraîné la méfiance de nombreux soignants.

Boudé. Désormais recommandé pour les plus de 65 ans avec comorbidités, le vaccin AstraZeneca mis au point par la firme suédo-britannique et les chercheurs britanniques d’Oxford, ne séduit pourtant pas. Des stocks de ce vaccin restent intactes. Sur les 600.000 premières doses, livrées début février aux établissements de santé pour les soignants de moins de 65 ans et les personnes à risque de 50 à 64 ans, le ministère de la Santé a admis ce mardi que seulement 25% avaient été utilisées dans l’Hexagone.

“Sur AstraZeneca, il y a une situation qui est particulière : nous sommes dimanche soir à 24–25% de consommation des stocks”, contre “quasiment 70%” en moyenne pour l’ensemble des vaccins disponibles, a‑t-on expliqué au ministère lors d’un point hebdomadaire sur les vaccins. En cause : une “problématique” de sous-consommation de ce vaccin dans les hôpitaux car il est perçu comme moins efficace que ses concurrents. Pourtant Olivier Véran voulait montrer la voie, en se faisant vacciner avec une dose d’AstraZeneca à Melun le 8 février dernier.

La consommation devrait “s’amplifier”

De nombreux soignants ont boudé ce vaccin, notamment en raison d’effets secondaires plus prononcés qu’avec Moderna et Pfizer-BioNTech. Dans la liste des effets indésirables : de forts symptômes grippaux, même chez les personnes les plus jeunes. Cependant sa diffusion en ville, auprès de médecins généralistes, à partir du jeudi 25 février, a entraîné une “dynamique d’écoulement très forte” les premiers jours, selon le ministère.

Cette consommation devrait “s’amplifier” après l’annonce lundi soir par le ministre de la Santé de l’extension de l’utilisation de ce vaccin aux personnes âgées de 65 à 75 ans présentant des comorbidités. Cette extension s’appuie sur un avis de la Haute autorité de santé (HAS), publié ce mardi. Celle-ci prend en compte de nouvelles études réalisées au Royaume-Uni, montrant que le vaccin AstraZeneca est efficace pour réduire les hospitalisations chez les personnes âgées.

“Maintenant qu’on a des bonnes nouvelles sur AstraZeneca, il faut impérativement que ce vaccin trouve toute sa place dans la stratégie vaccinale”, estime-t-on du côté du ministère de la Santé. Mais des questions se posent sur l’efficacité de ce vaccin pour contrer le variant sud-africain du coronavirus. Dans les pages du Financial Times, un porte-parole du laboratoire britannique admettait suite à une étude portant sur 2.000 personnes, que son vaccin présentait “une efficacité limitée contre les formes modérées de la maladie due au variant sud-africain”. 

Emma Ruffenach

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