Valence : la Défenseure des droits saisie contre la suppression d’aides à des familles de “délinquants”

Les députés LREM reprochent au maire de Valence une atteinte aux droits de l'enfant et souhaitent annuler cette décision.

L’initiative du maire de Valence (LR) ne passe pas. Alertés par une pétition d’habitants, une partie des députés de la majorité ont saisi ce mardi la Défenseure des droits contre la décision de Nicolas Daragon de supprimer les aides sociales aux familles dont les enfants sont “délinquants”.

Pour répondre aux révoltes urbaines du 20 octobre 2020, le conseil municipal dirigé par Les Républicains avait décidé de supprimer certaines aides municipales pour les familles dont les enfants ont été interpellés pour y avoir participer. La décision a été votée mi-décembre en conseil municipal.

Arrêt de l’aide alimentaire

“C’est une atteinte aux droits de l’enfant. Nous nous opposons aux sanctions collectives pour un comportement individuel. Le principe de libre administration des collectivités n’est pas synonyme d’arbitraire”, a fait valoir auprès de l’AFP la députée LREM de la Drôme Mireille Clapot.

Le centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville de Valence a pour consigne de ne plus distribuer l’aide alimentaire, le chèque culture ou encore le chèque sport à ces familles, déjà en état de pauvreté.

Auprès de l’AFP, l’édile de la ville affirme que cette mesure vise à “responsabiliser les familles” de “ceux nuisent à leur quartier et à leur voisinage”. Cette décision n’est pas une première en France puisque d’autres villes, toute d’obédience LR, ont adopté cette politique, à Draveil (Essonne) en 2005 ou à Rillieux-la-Pape (Rhône) en 2018.