Allemagne : le parti d’extrême droite AfD placé sous surveillance policière

Le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) a été placé sous surveillance policière. L'AfD a annoncé engager des poursuites judiciaires pour contester la décision du renseignement intérieur allemand.

Atteintes à l’ordre démocratique. C’est ce qui est reproché au parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) et motive le renseignement intérieur allemand à placer l’organisation sous surveillance policière. À sept mois des élections législatives, il s’agit d’une sanction à la fois sévère et sensible.

Le parti placé parmi les “cas suspects”, l’Office de protection de la Constitution peut désormais en surveiller les communications ou encore introduire des informateurs dans ses rangs, selon les déclarations de sources parlementaires à l’AFP. Toutefois, cette surveillance ne concernera pas les députés et les candidats de l’AfD aux élections à venir, régionales ou nationales.

L’AfD dénonce une décision “injustifiée”

Selon le quotidien Der Spiegel, le président du Renseignement intérieur Thomas Haldenwang a informé les antennes régionales de sa décision ce mercredi. Mais, interrogé par l’AFP, le Renseignement intérieur a répondu “ne pas pouvoir s’exprimer publiquement sur cette affaire”, citant une procédure de justice en cours, l’AfD ayant porté plainte en amont.

Sur Twitter, la coprésidente du groupe parlementaire de l’AfD Alice Weidel a dénoncé une décision “purement politique” et “injustifiée”. “L’AfD va évidement engager des poursuites en justice,” a‑t-elle assuré. Selon Mme Weidel, “ce n’est pas un hasard si cette information ait percé dans la presse pendant l’année des élections fédérales et quelques jours avant deux élections importantes.”

Créé en 2013, l’AfD est rentré en 2017 à la chambre des députés. Le parti y incarne la première force d’opposition aux conservateurs d’Angela Merkel et aux sociaux-démocrates, qui gouvernent ensemble. Il s’est imposé dans le paysage politique allemand notamment en s’opposant à la politique migratoire de la chancelière. Angela Merkel avait entrepris d’accueillir un million de réfugiés en 2015.