Lynx boréal et grue cendrée

Biodiversité : une espèce animale sur cinq est menacée en France

Plus de 2 400 espèces animales sont menacées d’extinction en France métropolitaine et en outre-mer, d’après la Liste rouge publiée ce mercredi par l’Union internationale de la conservation de la nature.

Un tiers des oiseaux nicheurs, un quart des reptiles, et 28 % des crustacés d’eau douce en France sont menacés d’extinction. C’est le bilan terrible que dresse l’Union internationale de la conservation de la nature (UICN), dans un rapport publié ce mercredi et rassemblant les résultats de 13 ans d’observations, dans une Liste rouge des espèces menacées.

En collaboration avec l’Office français de la biodiversité (OFB), et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), l’UICN a étudié 13 842 espèces animales depuis 2008, en France métropolitaine et en outre-mer. Parmi elles, 187 ont disparu en France, ou sont déjà déclarées éteintes à l’échelle mondiale. 2 430 autres pourraient subir le même sort.

Des espèces endémiques menacées en outre-mer

L’ours brun, l’ange de mer et la grue cendrée sont par exemple en danger critique, le lynx boréal et le grand hamster en danger, et le loup gris, la salamandre noire et le requin-pèlerin en situation vulnérable.

La situation n’est guère plus encourageante en outre-mer, où les espèces sont généralement endémiques, c’est-à-dire présentes uniquement dans ces territoires et dont la disparition du territoire signifie l’extinction définitive. Sont ainsi menacés un tiers des poissons d’eau douce de la Réunion, autant d’oiseaux en Polynésie française, ou cinq des douze espèces de reptiles terrestres de Mayotte.

Et les chiffres sont probablement sous-estimés : “Si nous avions plus de données, nous pensons que nous mettrions plus d’espèces dans ces catégories menacées”, indique Laurent Poncet, du service du Patrimoine naturel du MNHN. Pour 2 100 espèces animales évaluées, les données sont en effet insuffisantes pour pouvoir précisément évaluer le degré de menace. C’est principalement le cas des espèces marines, notamment les requins, raies et chimères.

Une dégradation rapide de la situation

Selon Florian Kirchner, membre de l’UICN, ces résultats sont pourtant étonnamment élevés. “Nous pensions qu’en huit ou neuf ans, on ne verrait pas beaucoup d’évolution. La surprise est qu’on assiste à une nette dégradation de la situation. Pour les oiseaux nicheurs, on avait un quart d’espèces menacées en 2008, un tiers huit ans après”, indique-t-il à l’AFP.

C’est sans compter les espèces quasi-menacées, “les menacées de demain” selon l’expression de Laurent Poncet, qui représentent un amphibien sur trois, ou près d’un oiseau nicheur sur cinq. Mais le scientifique discerne deux motifs d’espoir : “L’opinion est en train d’évoluer, et il y a des bonnes nouvelles”. Il estime que la menace s’est desserrée sur quelques espèces, comme le bouquetin des Alpes, la loutre ou le vautour moine.