Covid-19 : les chiffres qui inquiètent en Île-de-France

Une accélération des contaminations, certains services de réanimation déjà débordés : quelques indicateurs inquiétants pourraient inciter le gouvernement à décider de confinements locaux les week-ends.

Confiner l’Île-de-France le week-end pour les prochaines semaines : le gouvernement, qui étudie cette proposition, et la maire de Paris Anne Hidalgo, qui s’y oppose désormais fermement, ont échangé leurs points de vue ces derniers jours par médias interposés. L’ampleur de l’épidémie en région francilienne justifie-t-elle une telle mesure ? Voici quelques-uns des indicateurs qui guideront les décisions des autorités sanitaires.

Les contaminations s’accélèrent

Le regain des contaminations en Île-de-France ne fait aucun doute. Après avoir stagné en décembre, et être remontées en pente douce en janvier, elles s’accélèrent depuis la mi-février. Le taux d’incidence s’élevait cette semaine à 328 nouveaux cas pour 100 000 habitants dans la région, un niveau comparable à celui de la mi-octobre, au début de la deuxième vague et à quinze jours du reconfinement national (voir l’infographie ici).

 

Dans les Yvelines (265) et les Hauts-de-Seine (276), l’épidémie semble encore maîtrisée pour l’instant. La pente des contaminations est bien plus raide en Seine-Saint-Denis, où le taux d’incidence est brusquement passé d’une de 242 à 402 nouveaux cas pour 100 000 habitants entre la semaine du 13 février et la semaine dernière. Sur la même période, la Seine-et-Marne (de 250 à 347) et le Val d’Oise (de 257 à 353) présentent des courbes tout aussi inquiétantes.

Tensions dans les hôpitaux de l’est francilien

Dans l’est de la région, la Seine-Saint-Denis et la Seine-et-Marne sont aussi les deux départements où les chiffres provenant des hôpitaux sont les plus préoccupants. Les services de réanimation y sont déjà saturés, puisque les malades du Covid-19 occupent 108 et 123 % de leurs capacités. Ce n’est pas encore le cas dans les autres départements. Les patients atteints par le virus y remplissent entre 54 % (Yvelines) et 74 % (Hauts-de-Seine) des lits en réanimation (voir l’infographie ici).

Si les services de réanimation ne sont pas encore tous surchargés, le nombre des admissions à l’hôpital est reparti sur les mêmes bases qu’en début de deuxième vague. Certains hôpitaux, comme ceux du Val d’Oise, de Seine-et-Marne ou de Seine-Saint-Denis, n’ont d’ailleurs pas désempli depuis le pic de la deuxième vague, le dépassant même par épisodes le mois dernier. Les Yvelines et l’Essonne, où l’épidémie est la moins virulente, redescendent lentement après un rebond début février. Paris devrait quant à elle franchir cette semaine la barre des 1000 hospitalisations, un seuil qu’elle avait dépassé à la fin du mois d’octobre (voir l’infographie ici).

 

Lors de la première et de la deuxième vague, les hausses des hospitalisations et des décès ont toujours observé une à deux semaines de retard sur celles des contaminations. Le nombre de personnes atteintes du  et décédées du Covid-19 en Île-de-France progresse encore lentement à cette heure. Mais si les tendances actuelles se poursuivaient, les différents indicateurs devraient retrouver bientôt les mêmes niveaux que ceux qui ont précédé les deux premiers confinements. Un argument que ne manquerait pas d’avancer l’exécutif s’il venait à mettre l’Île-de-France sous cloche pour la troisième fois en un an, même deux jours par semaine.