En exil, Carlos Ghosn renouvelle ses accusations de “complot” dans un livre

Toujours en fuite au Liban, l'ex-PDG de Renault-Nissan a écrit un livre avec sa femme dans lequel il revient sur ses démêlés avec la justice japonaise.

Le Japon ? “Un pays magnifique, mais attention, sur le plan de la justice, il est plus proche d’une dictature que d’une démocratie!”. C’est l’une des attaques recensées dans “Ensemble, toujours” (Éd. de l’Observatoire, paru ce mercredi) contre le système judiciaire nippon. Un texte écrit à quatre mains par Carlos Ghosn et son épouse Carole, dans lequel l’ancien patron de Renault-Nissan décrit son arrestation, sa détention et la fuite qui s’en est suivie, en décembre 2019. “Ma sortie du Japon pour rejoindre le Liban est d’abord un geste d’amour pour Carole”, raconte-t-il.

En cavale au pays du Cèdre depuis plus d’un an, où il est hors d’atteinte de la justice japonaise car Beyrouth n’extrade pas ses ressortissants, Carlos Ghosn renouvelle sa thèse d’un “complot” ourdi contre lui par ses homologues japonais. La justice nippone l’a inculpé il y trois ans pour, entre autres, minoration de ses revenus et multiples abus de confiance.

“Sacrifier le soldat Ghosn”

Depuis son exil, le magnat déchu de l’automobile multiplie les prises de parole pour défendre son innocence. En l’accusant de malversations, Nissan “a voulu se défaire d’un symbole et de la mainmise française sur l’alliance” avec Renault, accuse-t-il, avant d’ajouter que l’État français “a voulu faire un exemple et a sacrifié le soldat Ghosn” pour “ne pas exploser l’alliance” industrielle.

Le dirigeant avait déjà publié un premier livre, cette fois sous son nom, fin 2020, pour revenir sur les points plus techniques de l’affaire. Ce nouvel opus a pour ambition d’évoquer des parties plus “intimes” de la fuite rocambolesque de l’ancien PDG. Une manière de renouveler sa demande de lever le mandat d’arrêt d’Interpol émis à son encontre, qui l’empêche de quitter le Liban. “Il existe trois critères pour lesquels Interpol peut lever son mandat d’arrêt international, avance-t-il: si je leur prouve que mon affaire est politique, que les droits de l’homme ont été violés et que le dossier ne relève pas de la justice. Or je réponds aux trois.”