Eric Dupond-Moretti précise les contours de son projet de réforme judiciaire

Le ministre de la justice, Éric Dupond-Moretti, a précisé ce mercredi au micro de France Inter les contours de son projet de "loi pour la confiance dans l'institution judiciaire".

Dévoilé par le garde des sceaux dans un entretien accordé au magazine Le Point, mardi 2 mars, le projet de loi a pour objectif de “restaurer la confiance de nos concitoyens dans la justice” a expliqué Eric Dupond-Moretti. Il sera présenté à la mi-avril en conseil des ministres.

Suppression des réductions de peine automatiques

Eric Dupond-Moretti a qualifié les crédits automatiques de réduction de peine de “moyen tout à fait hypocrite pour réduire la population carcérale” et a expliqué vouloir les “conditionner” au bons comportement des détenus. “Il faut que des efforts soient accomplis. Comme lire, se soigner, a détaillé le ministre, c’est vertueux pour la société”. Interrogé au sujet de l’état critique des prisons françaises, Eric Dupond-Moretti a annoncé la construction de 8.000 places de détention supplémentaires. “Il s’agit d’incarcérer dans la dignité”, a‑t-il expliqué.

Des audiences diffusées à la télévision

Le projet de loi prévoit également de multiplier les enregistrements et la diffusion d’audiences. “C’est la chancellerie qui donnera son accord” a expliqué le garde des sceaux. Les audiences seront diffusées sur les chaînes du service public, lorsque les affaires seront “définitivement jugées” a‑t-il affirmé. Lors de ces diffusions, des avocats et des magistrats indépendants de l’affaire donneront des “explications juridiques”, a expliqué Eric Dupond-Moretti qui a assuré s’être entretenu avec la Présidente de France Télévisions Delphine Ernotte au sujet de ces captations vidéo. Le garde des sceaux a rappelé la dimension pédagogique du projet de loi. “Le fil rouge de cette réforme, c’est rétablir la confiance du citoyen dans la justice. Les Français ne comprennent pas la justice”.

Le projet de loi prévoit aussi de renforcer le secret professionnel des avocats. Au micro de France Inter, le garde des sceaux a expliqué qu’il “[assistait] depuis 30 ans au délitement du secret professionnel”. “Il n’existe plus” a‑t-il ajouté.