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L’association d’extrême droite Génération identitaire dissoute en Conseil des ministres

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé ce mercredi 3 mars la décision en Conseil des ministres de dissoudre le groupuscule d’extrême-droite Génération identitaire.

Il avait fait connaître son intention de dissoudre le groupe dès le mois de janvier. C’est aujourd’hui chose faite pour le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui a annoncé dans un tweet la décision prise en Conseil des ministres, ce mercredi 3 mars, de dissoudre l’association nationaliste d’extrême-droite Génération identitaire.

“Cette association et certains de ses militants doivent être regardés comme tenant un discours de haine incitant à la discrimination ou à la violence envers des individus en raison de leur origine, de leur race et de leur religion” et, “par sa forme et son organisation militaires”, Génération identitaire “peut être regardée comme présentant le caractère d’une milice privée”, justifie le ministre dans le décret de dissolution.

Une dissolution attendue

Le premier coup d’éclat du groupuscule d’extrême droite fut l’occupation spectaculaire du toit d’une mosquée en construction à Poitiers en 2017, ses membres scandant des slogans hostiles aux musulmans. Cinq militants on d’abord été condamnés en 2017, puis relaxés en juin 2020 en appel pour ces faits, jugés prescrits.

Ce mercredi, Libération a révélé que Brenton Tarrant, le terroriste qui a tué 51 personnes dans des mosquées à Christchurch (Nouvelle-Zélande) en mars 2019, était un “membre bienfaiteur” de l’association. La presse autrichienne avait déjà révélé que Brenton Tarrant avait fait des dons au groupe français et à sa branche autrichienne en 2017. Génération identitaire avait nié dans un premier temps, avant de finir par reconnaître ces dons.

Créé en 2012, le groupuscule, dont le siège historique est installé à Lyon, revendique 2 800 adhérents. Les spécialistes estiment cependant que le nombre de militants ne dépasserait pas 800.

La dissolution du collectif a été évoquée pour la première fois le 26 janvier par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui s’était dit “scandalisé” par une opération anti-migrants du groupuscule dans les Pyrénées. Le 13 février, le ministre a annoncé l’engagement d’une procédure de dissolution du groupe, lui donnant dix jours pour faire valoir ses arguments.

Cette dissolution intervient alors que le ministère de l’Intérieur a, ces derniers mois, obtenu celle de trois associations proches de la mouvance islamiste (CCIF, BarakaCity et le collectif Cheikh Yassine) dans le sillage de l’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020, et de celle du groupe ultranationaliste turc des « Loups gris ».