Un rapport juge la situation des mineurs enfermés “préoccupante”

Un rapport consacré aux mineurs privés de liberté pointe du doigt des dysfonctionnements dans les structures d'accueil, et présente une trentaine de recommandations.

L’état des lieux de la situation des mineurs privés de liberté est “préoccupant”, estime la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) dans un rapport qu’elle rend ce mercredi sur les mineurs enfermés. Dominique Simonnot souhaite que les droits des jeunes retenus dans un hôpital psychiatrique, un centre éducatif fermé ou une prison soient mieux protégés.

Le rapport rappelle d’abord que les conséquences de l’enfermement chez les mineurs  sont telles que la privation de liberté ne “peut être qu’un dernier recours”. Mais le nombre de mineurs incarcérés augmente (672 il y a dix ans contre 800 aujourd’hui), sans que la délinquance les concernant n’ait réellement augmenté. Et 82 % de ces mineurs sont en détention provisoire, c’est-à-dire qu’ils sont enfermés en attendant d’être jugés. Donc présumés innocents.

Ancienne chroniqueuse judiciaire au Canard Enchaîné, Dominique Simonnot pointe des manquements dans le droit à l’éducation. “C’est avec presque tristesse et désespoir qu’on pointe le fait que pour ces enfants enfermés dans les hôpitaux psychiatriques, les centres éducatifs fermés et les prisons pour mineurs, c’est la formation, l’enseignement qui pêche le plus.” Trop de postes d’enseignants et d’éducateurs sont vacants, dénonce-t-elle.

Une augmentation des activités socioculturelles et sportives recommandée

Trop d’enfants sont enfermés loin de leurs familles, pointe encore la CGLPL. Derrière les barreaux à des kilomètres de leurs familles, ils n’ont parfois plus de visite au parloir. Or le maintien des liens familiaux est un droit. Le rapport dénonce également le nombre d’enfants placés en centre de rétention administrative (CRA) avec leurs parents.

La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté déplore un manque de préparation des structures à l’accueil des mineurs. Et la propreté de l’état de certains locaux laisse à désirer. Pourtant, ces lieux devraient “garantir leur dignité et préserver leur intimité”, écrit-elle, d’autant que “leur aménagement est un levier de prévention des conflits et des violences”.

Parmi sa trentaine de recommandations, Dominique Simonnot préconise des activités socioculturelles et sportives plus intenses, notamment en l’absence d’enseignants. Elle regrette que les enfants enfermés aient moins de cours que les autres, en prison comme en hôpital psychiatrique.