Présidentielles en Iran : Hassan Rohani demande plus de candidats

Le président iranien Hassan Rohani a déclaré avoir écrit au guide suprême Ali Khamenei sur le nombre de candidats validés à la présidentielle de juin. Il demande plus de candidats que les 7 choisis.
« Le cœur des élections, c’est la concurrence. Si vous enlevez cela, vous avez un cadavre », a déclaré hier le président de la république islamique dans un discours télévisé. En cause : le nombre de candidats en lice pour les présidentielles du 18 juin.
En effet, le Conseil des gardiens de la Constitution, chargé du contrôle de l’élection, n’a validé que sept des quelques 600 candidats, dont cinq ultraconservateurs. Il a, en revanche, écarté des candidatures importantes comme l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad ou l’ancien président de l’Assemblée consultative islamique Ali Larijani.

Une décision qui favorise l’actuel chef du système judiciaire iranien, l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi. Le favori du scrutin, « candidat sans rival » pour le journal réformateur Etemad, avait déjà obtenu 38% des voix il y a quatre ans, face au président sortant Rohani.

La menace de l’abstention

Ces dernières années, les scrutins iraniens ont été entachés par une large abstention. Suite à une vague similaire d’invalidations des candidatures modérées, seuls 43% des électeurs s’étaient rendus aux urnes lors des législatives de février 2020. Un niveau d’abstention record, jamais atteint depuis la révolution de 1979.
L’actuel président, qui n’a pas le droit de se représenter, craint un nouveau manque de participation lors du scrutin à venir. Dans un contexte de grave crise économique et sociale, ainsi que de grogne populaire suite aux répressions violentes de ces dernières années, ce manque de mobilisation pourrait, selon lui, nuire « au maintien de la légitimité » de la République islamique.
Légende photo : Hassan Rohani visitant une exposition sur les dernières réussites nucléaires iraniennes à Téhéran, le 10 avril 2021 ; © Bureau de la présidence iranienne via AP