trêve hivernale

Fin de la trêve hivernale : 30 000 familles menacées d’expulsion

Reprise des expulsions locatives ce mardi 1er juin. Les associations alertent sur le sort de 30 000 ménages qui risquent d’être expulsés dans les prochaines semaines. Dans un contexte de crise sanitaire et économique, les associations craignent « une bombe à retardement » des expulsions.

C’est ce mardi à minuit que prend fin la trêve hivernale. Cette mesure de suspension des expulsions locatives s’étend généralement entre le 1er novembre et le 31 mars. Mais cette année, comme en 2020, en raison de la situation d’urgence sanitaire, un allongement de deux mois de cette trêve avait été décidé, soit jusqu’au 31 mai inclus. Les expulsions vont donc être à nouveau autorisées.

30 000 familles soit 60 000 personnes sont menacées d’expulsion d’ici les prochaines semaines, selon l’association Droit au logement (DAL) et la fondation l’Abbé Pierre. C’est deux fois plus qu’avant la pandémie de Covid-19. Ce sont les ménages les plus précaires qui vont être particulièrement touchés par ces expulsions, rapporte le porte-parole de DAL, Jean-Baptiste Eyraud, ce matin sur France Info. L’Union nationale des propriétaires (UNPI) a enregistré une hausse de 5% des loyers impayés par rapport à 2019. Et se rajoute le report des expulsions qui n’ont pas eu lieu l’an dernier.

Pas de nouveau prolongement de la trêve envisagé

Un collectif d’élus regroupant plusieurs hommes et femmes politiques des partis communiste et écologiste, ont signé le 29 mai une tribune dans Libération et appellent à « une année blanche de l’expulsion » sans relogement. Néanmoins, Emmanuelle Wargon, ministre du Logement, avait prévenu le même jour pour le Parisien qu’une « année blanche » en termes d’expulsions n’était pas envisageable. Mais elle appelle les préfectures à limiter le nombre d’interventions et de reloger, où à défaut, d’héberger les futurs expulsés.
Aucune des 43 000 places en hébergement d’urgences ouvertes en mars 2020 ne sera fermées, rassure Emmanuelle Wargon dans Le Parisien.

Mais les associations mettent en garde contre une augmentation de personnes sans domicile et appellent les préfectures à ne pas expulser les ménages ne présentant pas une solution de relogement.

« Sans-logement, on meurt en moyenne à l’âge moyen de 40 ans et on a une espérance de vie de quinze ans. C’est un véritable crime de laisser mener cette politique-là », rappelait ce matin sur France-Info, le patron du DAL  Jean-Baptiste Eyraud.